03:43 am, Endeuillés de nos mères

Pour finalement se retrouver, affalés les uns sur les autres épuisés, portant le deuil, chacun de sa mère chimique qui l’avait jusqu’à présent bercé, et tellement mous.
C’est à ce moment que peut enfin commencer mon travail. Il n’y a plus rien à boire, l’odeur de clope dans le salon a fini par passer tandis que dans la cave nous sommes comme des exilés et distinguons à peine le visage des voisins dont on ne parvient à distinguer ceux qui sont encore de très vieux amis ou de parfaits étrangers.

Alors, je composerai mes odes à la nuit que j’honore comme le moment où tout renaît en son voisin. Et ma psalmodie(!) qui faillit finir en éclat (de verre) : Cî je pisse, en sortir de boîte, mon ivresse vociférante se répand parmi les rigoles du dallage, Surtout éclabousse! ô ma pisse la vitrine où l’on nous vend ce faux-cachemire trop cher pour ce qu’il est. Trop moche pour qui hait, car dans cette présentation même l’on voudrait me faire croire que je dois rêver de le posséder, plutôt de posséder femme suffisamment bonne pour le porter, avec tout ça, une situation et«Combien tu me donnes ?, Un homme à la peau épaisse et trapu visage esquinté, sort une matraque télescopique de son blouson, qu’il caresse, Combien tu me donnes et adieu le cachemire, adieu la vitrine de la consommation et les faux rêves qui nous emprisonne ? »

Nous échangeons un regard C’était gratuit, finalement rebelle jusqu’à ce que le sable se fonde en vers.

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