Héliotrope

Qui donc parlait de Sacred Geometry ?
Au Dance Temple, le drapé sus-tendu à vingt mètres de hauteur battu par les courants d’air répond la parallèle tentaculaire d’une armée en fusion.
Les frontières de la perception s’éloignaient quand venait le Kick ; une marée de corps et moi qui suis au centre .je voyais des vagues de membres s’étendre en cercles concentriques, (je croyais plonger les yeux en avant de la tête la première j’extrayais un visage et toute sa matière)
Asymétriques, vers ce qui devait être le nord-ouest la plage aride s’oranger et des silhouettes colorées si clairement s’y mouvoir, les limites sont bien informées.
Les limites sont bien informées, le tas de poussière sous mes pieds est une montagne dont je risquais de dégringoler à tout moment. Malgré le gouffre, toujours en transe au pic de la montagne je convoque mes psaumes combattants du soleil :

Chamans du dimanche et teufeurs pots de fleurs ne peuvent rivaliser avec mon saut à la perche, car je plongeais tout entier avant de me faire la main au quart- puis demi-saut. Le soleil même hésite, il vit à mes iris quand je le regardais par-dessus mes lunettes vacillantes sur le bout de mon nez, que je n’étais pas n’importe quel macaque gesticulant à flanc de montagne. Il me guette par les interstices du chapiteau éventé se marbrait de reflets de piscine. Peut-être étions-nous en train de nous noyer Chiffonnés par ses vaguelettes d’hiéroglyphes adressées aux muscles, nous bondissions pour maintenir à flot licornes et canaris pneumatiques sur les ondes.
« Tout était si sombre. et si triste. je ne savais plus où étaient mes amis. À la place, se trouvaient des enfants turbulents qui souillaient le monastère de mon esprit, des étrangers inquiétants.
J’ôtais mes lunettes de soleil.
Je n’ai plus peur maintenant. Tout est clair à présent. Les couleurs revenaient chatoyantes et plus belles que jamais. et la lumière fut. »

Je me croyais alors le plus éveillé des singes ne voulais plus entendre mais j’entendais .si bien La musique est l’œuvre du diable… si vous restez trop longtemps exposés vous risquez d’être transformés en singe dansant à flanc de montagne esclave de la musique, luttant pour se tenir droit tant et si bien qu’il ne savait plus sur quel pied se tenir ou danser à chaque battement de mes pattes écartées, ma queue se tord un coup à gauche un coup à droite tandis que j’hoche la tête pour retenir la leçon,

Je croyais me perdre à force de marcher pieds nus j’avais laissé mes sandales à ceux d’un amas érigé parmi les micro-dunes du temple par l’abandon successif de nos possessions futiles dans le désert j’ai les orteils brûlés. Il faut se mêler à fondre un attroupement de zonbis de la soif pour atteindre l’eau fuit de toute part inonde les cailloux rafraîchit la plante de mes pieds. Je débouchais sur un puit d’abondance où les réfugiés s’attroupent pour recevoir à bout de bouteilles l’aide humanitaire. Chacun des morceaux d’hommes sans bousculer pour autant se tient prêt à pousser s’il n’avance pas assez vite ou imposer sa place à l’un des robinets entre le mercenaire barbu qui devait écouter Wagner très fort, et cette femme peut-être en sous-nutrition qui buvait une première/dernière gorgée pour compléter sa bouteille bien à ras bord. Comme il était debout, elle agenouillée et moi penché, j’ai la fugitive impression qu’il s’agissait d’un tortionnaire en charge de superviser la distribution.


J’étais à mon tour trop agrippé aux tordures de mes bouteilles, je ressassais comme un enfant trop sage ma poésie « moine guerrier singe gesticulant à flanc de montagne… une jambe puis l’autre, la queue d’un côté puis de l’autre, restless » il nous faut de l’eau beaucoup d’eau j’ai soif, gérer l’approvisionnement des troupes pour tenir, car la danse a toujours à voir avec la guerre.
Et à la fontaine où

Je m’immerge,
regarde bien (la métamorphose s’opérer)
on se croirait à l’arrière d’un champ de bataille plus qu’une stage de performance.

Sur les plages de Bagdad, pensais-je. Tous ces drapés ces écharpes et ces chèches de combattants orientaux terroristes ou rebelles Touaregsnos foulards bouddhistes… Une troupe de zouaves bien serrés, plutôt les rangées d’un peloton et nos visages tendus de joie ou renfrognés concentrés ==> à ma droite je la sens derrière qui farfouille. de dans son sac elle tire un visage aux yeux plissés, aux lèvres retroussées sur ses dents tordues ; jette une giclée d’étincellures pour disperser comme des microdébris des gerbes de sang. Et dissimulé sous son foulard dans son autre main elle sert tout contre elle un pistolet fluo pour nous asperger.
Elle me tire dessus

« Nous vîmes Jao danser en plein champ de bataille. […] “Rano […], rano.” […] affirmait que sur son corps les balles se transformaient en eau. Car même la poussière nous saupoudre d’invulnérabilité. »Raharimanana Nour, 1947, Paris, le serpent à plume, coll. « motifs », 2007 [2003], p. 139

elle me retire dessus. Je me trouvais couvert de scintillements, il faisait si chaud que je suis déjà sec, Comme un vrai mamelouk! pensais-je très fier .À ce moment, De nous voir si faibles je pensais Nous faisons dans la démolition d’êtres humains. et Cette odeur de brûlé, dès qu’ils fumaient, grattait le nez, ruine mon sanctuaire ; ce n’était pas l’odeur habituelle mais celle désagréable de quelque chose qui crame
; Était venu le temps de la purification.
Sous ce soleil brûlant, nos corps offerts, quasi nus, Offerts en combustibles pour conjurer le soleil, ou pour s’en attirer les bonnes grâces, un holocauste de notre chair.À ce moment, Nous brûlions « Le feu qui dévora ma mère coule dans mes veines. Qu’il brûle plus fort,Flaubert Gustave, La Tentation de saint Antoine, Paris, Gallimard, coll. « folio classique » 2008, [1983] p. 195 [
; Était venu le temps de la purification.
 ]
dussé-je en périr ! Flaubert Gustave, La Tentation de saint Antoine, Paris, Gallimard, coll. « folio classique » 2008, [1983] p. 195»

Il est difficile d’imaginer l’état d’un corps après avoir danser dans la poussière six heures d’affilée.
« Raharimanana Nour, 1947, Paris, le serpent à plume, coll. « motifs », 2007 [2003], p. 139Nous vîmes Jao sortir […] trempé de la tête aux pieds. Comme s’il sortait d’une averse, comme s’il sortait d’une tempête… »
Une planète alienne caniculaire, à l’image de ce territoire n’est plus un terrain propice à la vie mais parcelles hexagonales enfouies sous une couche granuleuse et grisâtre, il y pousse des arcs noirs ployant sous le poids des fruits de sécheresse. Si elle s’ébruite seule la couche superficielle s’éclabousse, tant c’était une croûte de débris, tantJ’étais une désolation.mes mains dégueulasses mon visage aussi râpeux et mes cheveux tout secs tout sales la sueur qui en tombe et colle aux bras, les gouttes forment de sombres atolls immédiatement assoiffés sur le ressac asséché de mes pieds [bien détaillés] D’hexagones maladroits, ma peau s’était incrustée de cendres sur lesquels la corne se refo/ermera car on ne peut se laver assez les pieds sur cette terre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture. Click on the picture to hear an audio file of the word.
Anti-spam image

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.