Saison 8, Canicule

La lessive étendue dans la pièce d’à côté semblait s’attacher à leurs dos .un drap humide, membrane à tirer pour s’en extraire (elles croyaient muées) alourdie cette atmosphère de mousson et l’éclat de la lumière malgré le rideau suffisait à illuminer toute la pièce, muqueuse respirante. Dès lors exposée, sans effort de photographie [plan large, lumière, crue comme pornographie ; placenta d’une créature brûlante dont elles seraient le cœur battant. Lorsqu’
Entièrement rentrée en ses cuisses, sous ses ongles et sur le bout de sa langue cette/tout lui paraissait être dégoulicollant. Là, s’abreuvait-elle à l’idée qu’un peu de pisse s’y mêla à sa salivemais la salive
melasse alive
met la salive
mets: la salive
 , et qu’elle bût un peu de sa propre sueur, perle de son front serpentant sur son pubis l’amusait c’est-à-dire qu’elle se laissait distraire. Pas tout à fait liquide comme de l’eau, plus poisseux et salé…

Au-dessus d’elles les traînées de fumée se condensent à leur tour et empestent au point de voiler toutes les odeurs, ne subsiste qu’un fort parfum de sueur renfermée, presqu’âpre s’il n’y avait l’humidité. ce devait être un cachot difficile à rafraîchir… ou un sanctuaire.
Cependant, en elle-même elle chantait

« Rendez-les moi » mes poils pubiens,
Les chattoufues, les aissellessuantes
Sur la peau, les points noirs et l’inégal grain : L’inopportun
« qu’[ils] dissipent
l’image des catins blêmes »
modelées remodelées plus que du pain surselectionné,
Produit d’un illusoire élevage
Tout ce qui tache et pue, pourvu…
Pourvu que cela me paraisse ; plutôt que reflet, .Avoir quelque réalité de corps plutôt que lissé et aplati plutôt que fruits gonflées qu’un peintre pompier a recouvert d’une teinte trop criarde.
([nous mangeons] des camions de pompiers gonflés au botox au point d’en oublier que ne se mange que ce qui pousse éclôt et chie et vomit et pourrit)
Je compris le dégoût que lui inspirait le jus dégoulinant, le laid et le sale. Je compris tout cela, mais je préfèrais et vante mes canines érodées, mon bide et mes appétits gâtés de dégénérée.

En elle, elle/s chantai/en/t toujours 

…« catins blêmes qui » s’échouent et m’échoient sur les plages d’ennuis, que ne vient lécher la marée joyeuse, raviver le buisson bien chauffé. À bloc, sueur ardente moiteur de désir

Accoudée à la commode, Kitty occupe seule la totalité du canapé, cigarette en bouche elle demande Qui était-ce ? (la douceur détachée presqu’absente d’aristocrate fatiguée) Mon père. Ah, bonjour. Il dit bonjour aussi.
Elle a encore les yeux arrêtés par le téléphone et son pouce aplati, Kitty la tire de ses pensées Que voulait-il ? (ils poursuivent leur chemin et À l’intersection de leurs regards, gratuité du sort, le rideau tombe sur l’écran, suit le sourire) Des nouvelles. Il trouvait que j’avais l’air fatigué. Tandis qu’elles échangent cigarettes contre téléphone, de la commode à leurs mains, de leurs mains à la commode. Rhabille-toi, des courses à faire pour ce soir.
D’un bond, Kitty écrase la cigarette, passe quelque chose qui traînait comme pantalon Un reste de volupté lui fit enfiler son oversize sans soutien-gorge : ces chaleurs ne durent d’ordinaire pas plus de deux jours qui se préoccuperait de voir son débardeur embrasser la forme de ses seins au point de sembler les têter au rayon frais ? Elles se regardent dans la glace et,

c’était la nuit près d’un Sound System qu’elles s’étaient d’abord tenues. à côté d’elle le temps de ramasser sa bouteille, la buvait du coin de l’œil mais l’autre, regardait trop fixement la scène pour ne pas l’avoir sentie là, aux aguets attendant d’elle qu’elle vienne mais il n’y eut qu’un non-événement ==> elle secouait la tête en partant. Puis, bien plus tard . aux abords du Chill elle n’avait pas encore compris que le ciel dispersait sa masse nocturne ménageait de la place aux formes et contours du jour mais sentait en contrebas une attention toute tournée vers elle.
À ses pieds, était un enfantin lotus, et des yeux comme d’innocents pistils T’es jolie. déjà désarmée mais — Et toi, t’es la fille qui faisait semblant de pas me voir tout à l’heure, (encore le doux détachement d’une aristocrate épuisée) à ses pieds c’était un chaton qui pleurniche — Oui mais je voulais danser et si je te parlais… et tu étais là et j’étais là je voulais pas t’interrompre pendant que tu buvais ton eau et je ne savais pas quoi faire… Alors, Kitty n’avait pas regardé mais vu le sentiment diffus que/i se trouvait là : Composition d’une scène initiale ; sous sa tête, rondeur puis mâchoires affinées encerclée d’un buisson si sec, sous la lumière du matin à peine né sur, la double échancrure en x de sa poitrine bordée par un souple synthétique ; et la pliure du foulard ; comme la chute d’un fleuve à ses épaules

comment le tissu simplement posé/tombé embrassait l’humidité de ses tétons et comment le charme suant de leurs nombrils, tel’ombilic de la tomate recelant le sucre, était rompu

elle soulève des lambeaux humides de peaux qu’il faut décoller tant ils avaient sucé le plancher [n’en subsiste qu’une sombre empreinte] à la recherche de son soutien-gorge. Comme sous les algues on cherche un coquillage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture. Click on the picture to hear an audio file of the word.
Anti-spam image

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.