Tonalité du courant.



Retour vers la case départ, c’est un même parfum lactescent qui abreuve l’air de nos sas lors de la descente des cimes, un peu trop tôt, un peu trop vite, pente lisse mais pneus crantés. Le tambour juste se contente de lentes rondes tandis que l’on ruissèle vers les vifs courants, les têtes plombées de bagatelles dorées à broyer pointent vers les sommets qui s’éveillent, l’écorce s’éclaire, l’azur bordé d’or sans valeur mine l’essor de nos syllabes ainsi que leurs agencements intelligents, que l’on tente.
Sept aubes épargnées par les toux de l’Histoire, sept couchés couverts de rêveries exempt de cet écoulement d’eau incessant qui effleure, et égratigne même de par sa vitesse, nos racines confuses de chercheurs de trésor. Écoulement, qui en ville devient torrent où nagent en abondance sornettes sans sagace, plutôt qu’Haïkus d’eau douce. Petite note : penser à y aller mollo pour éviter le choc thermique.

On s’abandonne au courant, brin d’herbe redevient pin, figurine figure et lacet route.

Lacets de Montvernier

Et on ne peut s’empêcher d’enclencher le réseau, il s’agit d’être actif assis.

Une fois arrivés au sommet, vous pourrez notamment observer l’Aura

Pas de halte on n’en débat même ap, imperturbables comme l’asphalte que l’on ratatine, les installations anti-bruit retiennent nos oubliées nuisances qui acharnées prennent d’assaut la vallée, en vain, le vent charrie, sur les hauteurs les êtres dérangés plissent leurs feuilles, une branche morte se casse sous un pas lourd mais l’onde cisaillée est masquée par le conflit, bris sans féérie.
Les rouages on été conditionnés dès la sirène de 6AM pour atteindre le bout de l’entre deux vies comme si nulle autre option n’était envisageable, à travers notre tunnel nous guettons déjà la façade illuminée de notre logis, notre animal ou son fantôme aboyant derrière une grille, le goût de chaque terminus de nos voyages passés envahit alors notre palais. Seuls nos propres obstacles dressés jusqu’au repos sont légitimes, linges sales tout ça, seule une panne altérerait nos vaillantes intentions et serait accueillie telle une patate de forain, sortie du four, épicée d’amertumes. Le brouillard est tombé, sans fracas. Apprécions la douce et molle chute des chiffres.

LYON 146
GRENOBLE 79
CHAMBERY 47
ALBERTVILLE 34
Vous quittez l’autoroute de la Maurienne, à bientôt

Les formes de la Terre s’aplatissent ligne blanche après ligne blanche, droguée au goudron la pluie par moment violente fait disparaître les traces, éclabousse le pare-brise en sortant des moulins en caoutchouc. À bientôt mais pas trop il y a tant à faire, tant à taire pour dire même si entre deux termes se glisse un GIF, l’espace est à remplir quitte à le froisser. Roule roule roule comme ces baguettes sur la caisse claire, comme ce tank vers le front, tant que les ressources nous évitent le décor, jusqu’à ce que la pièce atteigne follement son dernier acte sur des planches adustes prêtes à être traversées, en attentes du dernier saut. Mesdames et messieurs applaudissez !

Pour votre sécurité cette autoroute est sous vidéosurveillance
ESSO
SUPER SP95-E10 1,564 €/L
SUPREME SP98 1,674 €/L
SUPREME GAZOLE 1,604 €/L
GAZOLE 1,524 €/L
GPL 0,924 €/L

Pause dans le guêpier pour que les fourmis déguerpissent des jambes, syndrome de Stockholm dès les premiers mètres. Ces bandits n’ont nul besoin d’être armé, nos vides suffisent, estomac et poche d’énergie déjà troués. Ce sont donc aux caisses des bourdons heureux qui écoulent le miel, l’abeille elle guette ce qui se trame à travers ses écrans de surveillance. Tout nous sourit, les néons éblouissent, ces dents sur les magazines. En vrac : que des cadavres dans leur sandwich, des réducs de très cher à cher, Oggie et ses potes à la télé et des gosses les contemplant, attendant leurs parents, ces derniers occupés à fendre la fumée de leur chocolat chaud à coup de soupirs, regard dans le bide. Revues de grosses motos, de grosses autos, de trucs et astuces et vie pratique – pas moins de huit cents conseils – des jeux 100% détente et de la psychologie.

À la sortie des toilettes un écriteau signé Franprix Paul et Esso nous invite à appuyer sur l’un de ces quatre visages :
😀 🙂 😕 🙁

Appuyant sur les quatre à la fois je dynamite l’univers.

PARIS 325
NANCY 180
TROYES 150
Forêt de St Gobin

Cet ensemble forestier est particulièrement diversifié car il est décliné en fonction des nombreux affleurements rocheux où alternent calcaire de Lutétien, argiles de Saint-Gobain, sables de Beauchamps et sables de Cuise.

L’art gothique en Picardie

À l’intérieur : l’horloge astronomique d’Auguste Vérité, merveille de précision avec ses 90 000 pièces et ses 50 automates qui jouent la scène du jugement dernier à la sonnerie des heures; un spectacle étonnant pour les enfants.

Retour à la case départ, grimaces et mal de cou, les cols saisis par le tambour, au mépris des sonates de la nuit. Les globes des passagers perdent le fil et parfois une courte mais complète obscurité les cerne tandis que ceux derrière le volant simulent un jour polaire, tricotent le châle d’Ariane. On ne rompt pas l’allure, on maintient une tonalité.
À vrai dire il y a autant eu de rires que d’agréables silences, nombre de jeux, de tours et de détours de la part des imaginaires; mais à l’écrit je les ai omis, songeant tout au long du parcours à la fin, où hurlante l’eau chute.

Aire de Phalempin Est
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