L’Œil absolu

Appelons-la Chloé Daughter of the Swamp. La tortue qui observait l’écoulement du fleuve dans la mer, ses remous ondoyants pourraient être autant de serpents de mer devenir dragon Une fois la source au sommet de la montagne atteinte. (Cela fait bien longtemps que nul n’était parvenu à la forme idéale, la seule qui permette de danser à travers/parmi les nuages. Elle observait donc l’écoulement du fleuve sempiternel, entretautour les piliers arqués à sa carapace, pour ouvrir le diaphragme de sa gorge tendue de cordelettes, autant de branches levées comme en prière extatique vers le ciel ; qui n’atteignent que le seuil d’un caillou boudeur (sa mâchoire) :

Je défracte ma lentille , les jalousies de mon regard s’écartent pour ouvrir mon iris aux souffles des surfaces. Elles me dispensent leur affirmation silencieuse m’asservissent avec la rondeur d’un parchemin qu’on ne sait dérouler. Inutile de détailler les choses, décomposées elles perdent épaisseurs et formes, aussi silençais-je mon œil (île de perception) pour voir

Les lèvres écumeuses de l’épicéa, de plus en plus étroites formaient autant de vulves impénétrables à caresser sans les captiver

Et le morcellement du liège cannelure de marbre

Ou la lumière qui honore l’acier d’un diamètre doré ( : pas un scintillement qui n’ait d’origine en ce seul absolu auquel obéit le monde)

Ou ces micropigments presque transparents animés par l’air semblant pleuvoir en un torrent silencieux. L’exception d’une lumière parfois les révèle dans l’encadrement d’une fenêtre depuis laquelle j’observe les décorations de Noël à droite clignoter par intermittence alors que dans la rue d’après, semblables guirlandes pendent (vacantes) comme corde à linge épuisée/désœuvrée.

Je vois tout,
la respiration de l’asphalte s’ouvrir pour accueillir le germe,
la divinité derrière chaque geste esquissé-abandonnéje le perçois achevé et le temps découlé. Des coulées qui m’indiffèrent, que je ne traverse mais contemple, les fils invisibles je les déroule et J’apprends de votre vision des apparences et en suspends le murmure de ses intentions…

Le monde déborde de chuchotements dont je ne sais que faire. À travers les apparences, mes pupilles discernent la vraie nature, chaque existence a une forme/ule légendaire qu’il convient d’honorer. Mais je n’aspire qu’au silence, fuis ces lieux où tout est nommé, fuis ces lieux que la pensée habille si aisément, évite les panneaux sédentaires (et criards. M’ont toujours empêché de suivre le dé de mes intuitions,

Les aveugles sceptiques : Quelle prétention chez celui-là ! Mais ceux qui voient savent

ce que c’est d’être jouet des paroles suspendues aux lieux

ce que sait les apparences :

les formes mythiques des choses avant que le monde ne soit devenu ces chaotiques contours ruineux où s’ébat le mensonge. ou ses bas de prostituée trop coûteuse. Je les lie puis déverse

(ma psalmodie liquide).

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