La Fontaine de jouvence

Tes bras veinés dont la maigreur s’amenuise comme un cadavre s’assèche, tes seins qui tombent sur tes côtes et le trou de ton nombril. J’aime tout cela. La raideur progressive qui envahit tes doigts et tes genoux, ta souplesse qui s’amoindrit. Et tes poumons qui s’étouffent au moindre rire qui te secoue, vain défibrillateur.
Jusqu’aux creux qui entourent tes yeux et les rides qui cernent tes sourires. Tout ce que je pensais ne pouvoir aimer, tout cela je l’aime et souhaiterais l’étreindre sous mes paumes. L’avidité se saisit de mes bras, tout mon être se colle à ce corps, non pour ce qu’il fut mais ce qu’il est. Tout ce qui dans ta voix me paraissait le signe d’une décrépitude latente, de plus en plus prononcée, me paraît jeunesse nouvelle. Il y avait donc autre chose à aimer que cela que j’aimais et ces lunettes que tu poses désormais (quelle grâce dans ce geste) sur le bout de ton nez, y creusent deux symétriques ecchymoses.

Ta voix fatiguée d’avoir tant dit, tes oreilles d’avoir tant écouté et tes yeux de voir, ton souffle (qui) se meut en râle .je chéris encore, comme on désirerait une amante que l’on vient de rencontrer.

J’embrasse le changement et cesse de retenir une image pour autre chose que ce qu’elle est : sans doute autrefois une réalité, qui aujourd’hui n’a que la douceur de cet « autrefois »
C’est un renouveau plus fragile et plus vulnérable ; plus précieux.
Si l’on n’a qu’un seul corps
Si l’on dit que nous n’avons qu’un seul corps, je vois bien que l’on en a plus à chérir.

Commentaires :

  1. « tes seins »……… Quand la tradition me rattrape j’écris des trucs d’hétérosexuels

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