Allocution à mes contemporains : Le serre-vice sur la colline

« Parce qu’il n’eût été ni de jeu ni de mise et de règle que [ce siècle] plus qu’[aucun] autre fût [fait]Léon Gontran Damas Black-Label et autres poèmes, Paris, Gallimard, « nrf poésie », p. 15 » de moins de douleur de moins de cris « de moins d’inquiétude de moins de lassitude de moins d’effroi de moins de détresseLéon Gontran Damas Black-Label et autres poèmes, Paris, Gallimard, « nrf poésie », p. 15 » de moins de mensonges (que les autres. )

On pourra s’étonner : seules nos illusions nous cachaient que l’histoire ne s’était pas arrêtée. Ouvrez votre manuel p. 42 « La fin de l’histoire est un mythe, aujourd’hui, c’est la paix mais c’est toujours l’histoire » sans doute aurait-il fallu dire qu’après soixante ans de paix relative, il fallait bien qu’on paie notre tribut à ce monde dont on a trop cru qu’il nous appartenait.

Et la vérité de percer à travers les nuages l’aube d’un jour nouveau (on dirait du Micheal-Ange) dans le fracas des Révélations : nous appartenons au monde. Chacun de nos souffles soumis à la caution du voisin, juste l’histoire habituelle des enjeux et rapports

Voyons le bon côté des choses : « On a jamais été plus libre que » depuis les attentats. En effet, quel incroyable message d’espoir ! « Quand on veut on peut ». Que votre passion soit de poser des bombes ou de devenir physicien atomique : y a pu qu’à ! Sortez-vous les couilles de la bouche, bouchez-vous les oreilles avec, pour ne plus entendre les conneries de Sfar et c’est parti !
Enfin (!) nous vivons dans le monde libre. Vous allez manifester ? Quel rebelle vous êtes ! Vous êtes debout le soir ? Quel rebelle vous êtes ! Vous buvez bio ? Quel rebelle vous êtes !

Réjouissez-vous ! Nous sommes Tousstoutpuissant.

Comment résister à la terreur ? Comment continuer à penser ? à vivre ? Disent ceux dont la suite prouvera qu’ils ont démissionnés, de leur micro, de leur fonction, après nous avoir messianiquement adressé un adieu en forme d’une passation de témoin « Mes chers compatriotes il va falloir continuer à consommer, pour oublier la barbarie des radicalisés ! »
Comment trouver les mots… justes ? Et si tu la fermais un coup pour voir !, C’est scientifiquement prouvé, pour permettre la circulation de l’oxygène, cessons de nous répéter tel un mantra qu’on ressasse ces obsédantes bêtises car alors, la mémoire immédiate s’en trouve saturée, cela empêche la propulsion/jaillissement d’une idée neuve dans notre cerveau :

14h12 Unmysterious Xarses’Shadow : On essaye d’endormir les masses en saturant leur espace mental !

Non non, juste notre ordinaire médiocrité.

de Jonie à Zebda ils y sont tous allés de Putain mais Vive la France ! On va se battre ! Et nous voici redevenu l’Occident, lumière du monde et des bistrots, de la liberté d’expression. Nous voici libre maintenant depuis que les policiers font du cosplay dans les rues, en essayant de pécho avec leur GRANDE MATRAQUE TÉLESCOPIQUE D’IMPUNITÉ (+2 virilité -10 intelligence).

Sidération ! Non sérieusement, qui l’a sorti le premier (?) que je l’enguirlande à la dernière mode : quelques bâtons de dynamite à Matignon, C’est qu’ils s’imaginaient sans doute : Tous ! Faire œuvre de service public : partageant l’émotion et la parole pourvue qu’elle dise encore et toujours « je sui…qui se révéla prophétique, dans le sens que lui donna Todorov « du verbe “suivre” » »

Continuer à vivre ? Si je veux j’arrête mais comme tout grand drogué, j’ai besoin de ma dose d’oxygène, puis bon qu’on se le dise Tu voudrais que je fasse quoi ?

État de siège ! Tous ! Complices du matraquage : contre l’ennemi intérieur, un peu de terreur et des actes liturgiques répétés encadrent la pensée « ils construisent une légende sainte, sur le khalifa certes il va disparaître, mais eux inscrivent une mémoire. Ils forment une communauté autour du sens donné à cette mémoire, on ne peut plus croire que le djihad est un moment qui va passer. Ils font partis du monde et, sans doute, pour un bon moment. » : les monstres, c’est les autres ! Dégénérés et stupides, endoctrinés réfractaires alors que nous abreuvions le monde de liberté égalité fraternité gorgés de notre idéale médiocrité !

Alerte maximum ! Il faut consoler les classes-moyennes : la fréquentation des magasins en baisses depuis deux jours, notre correspondant En direct de micro-champs Elysée : « Oh ba ouais hein! les Gens ils ont peur mais bon c’est bientôt Noël. » Va bien falloir qu’ils aillent consommer, vous savez : continuez à vivre, quoi. (Nous sommes toujours en direct) « Eh bien madame je vois que vous êtes dehors quel courage !
— Oui j’ai hésité un instant mais j’ai décidé de continuer à vivre.
— Félicitation quelle force de caractère !
— Et d’acheter cette magnifique paire d’escarpin ou ce petit blouson en daim.
— Vous êtes une battante ! »

Guerre ! (nous sommes) Tous ! Coupables du sang versé et de la misère où je préfère voir mon voisin, j’ai tout à perdre alors mieux vaut lui que moi !
Armée de terre : pour porter le feu chez eux, les distraire et nous aussi : engage-toi!

11h40 Manumilitari : « Encore une fois ne vous inquiétez pas (à la virilité de Manu s’ajoutent celles des mitraillettes en centre-ville) , on va tout bien casser chez eux pour que vous soyez en sécurité le temps que ça dure, puis on refera un tour de manège pour pas trop vous ennuyer. »

Vous êtes tellement largués, à côté de la plaque et lestes à comprendre que le monde a tourné « au vinaigre » pas comme vous vous y attendiez. Une solution : libérez de ses oppresseurs les carcans d’une société dérisoire Passez le volant, réglons la trotteuse et le monde suivra. Car aux beaux avions il faut préférer un changement d’institutrice : cessons de produire des fanatiques ou bien retenons notre souffle avant la grande vague, Tous! engloutis percutant dans un dernier soubresaut de l’intelligence en dépit de « Les mauvais jours finiront » que

« Ce n’était pas une belle histoire. »

Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! RÉJOUISSEZ-VOUS !

P.S: + peut-être qu’à la pompe on tirera à un prix décroissant.(inversement proportionnel au sang versé)

Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous ! Réjouissez-vous !

[ REMIX ]

Force est de constater que, le camion passe l’habitude se tasse et les corps s’entasse, l’hystérie s’efface après quelques discours, hommages, ragots etc.… Les héros de tous les jours sont redevenus des fourmis combattantes, des soldats de plomb. Circulez y a rien à voir. — Ah d’accord! bonne journée, Monsieur!, un instant j’ai cru qu’il y avait une raison d’avoir peur, j’ai cru qu’il y avait une raison d’être en colère. J’ai, même (vous allez rire) un instant juste un tout petit instant le temps d’un clignement de cil cru que j’aurais dû penser quelque chose de cet évènement, mais non, je vais rester une ménagère qu’un sourire, une poignée de main virile, et un costard clinquant ou une matraque ; calme.
Ne doutons désormais plus de l’État : les slogans (même emporte-piècés sur un pin’s) rassurent,
ah! Pardon !, Consolent !

ès Pontif poiei this

Commentaires :

  1. Alg’UVX6zSwampSon II says:

    Car il avait gardé une enveloppe, un homme dont le costume lui allait comme un gant, c’est-à-dire mieux que ceux en silicones ne seyaient à l’homme maintenant très creusé, est venu à sa rencontre. Sur son angoisse moite (tant il sait qu’il sera suivi) il referme la main : la poignée d’une valise, elle pourrait contenir des pages entières aussi, tant elle est lourde et gonflée. Il dit sans trembler, pense-t-il, « À la gare, une consigne au nom de M. Guillaume. Il y a l’adresse de l’huissier, il attend M. Guillaume. ».

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