Plastik-Pipoles 2

Ami, (dis moi) quel est cet endroit où l’on façonne les hommes .en séries ?

23:12 Sous-Lieutenand’ès Pontif : Vont-ils un jour dire quelque chose qui n’ait été attendu ? Entendu que nous sommes tous des copies des « nous-mêmes » ? Un CD vierge-RW qui se grave à chaque frottement, émission, clameur qui monte, révolte passagère.

Car en effet : à la bouche les mêmes paroles, fussent-elles profondes fussent-elles « uniques » ; toutes ordinaires.et Quand je nous regarde je crains pour ma vie.Suis-je moi aussi du même moule persuadé d’être moi-même,

étant l’un d’eux ?

Étant
Plastik people. Un autre de ces ersatz d’humanité, pitoyables pastiches sans tache à la personnalité prémachée ? Si libre d’être un autre de ces esclaves ?

23:14 Sous-Lieutenand’ès Pontif : Et la chaleur d’un corps sur ma peau n’est que le crissement du cristal sur les sillons creusés par nos illusions.

Une liste inutilinsolite qui vous fera croire que vous vous cultivez (de quoi vous occuper 30 secondes)…

et, consommateur commencerais ma journée dans le stable confort Répéterais-je la parole qui flotte ?

J’ai, moi aussi, bien étudié ce sourire un peu troué des seventies pour marquer ma singularité, désormais l’esquisse sans réfléchir, l’artifice si naturel.
Au supermarché de la pensée, j’écume les rayons écolodiscounts à la recherche des ingrédients de ma recette.
d’une citation facile « Depuis un siècle, les femmes s’interrogent sur la nature du féminin. Depuis un demi-siècle les homosexuels affrontent les questionnements sur le genre. Et pendant tout ce temps les hommes hétérosexuels sont restés muets, sûrs que leur masculinité allait de soi. » citée par Usul citée par Hervé Gardette (sur france culture) de Serge Hefez (quelque part) ; j’ajoute un discours spirituel à la sauce Derrida pour avoir l’air postmoderne, saupoudré d’un peu de Deleuse pour faire genre j’échappe au conditionnement du racisme ordinaire et un peu de street pour glisser « faire genre » l’air de rien entre deux noms de philosophes abscons. Pour laisser entendre (secret du grand chef) que je suis un esprit libre bien moderne, pas du tout pervers narcissique je dilue dans ma sauce un concept styléèééJuste avant de redonner, de force, à mes pensées un air savamment composé « Il faudrait écrire un truc sur cette expression “styléèé” montrer comment on dit ça quand on n’a rien à dire, mais en plusmieux que « cool » qui aujourd’hui marque trop certainement l’inintérêt ».. Laisse mijoter cinq minutes à feu moyen pour obtenir un rapport sexuel probable.
Et mon histoire n’est rien de plus qu’une chaîne de montage, d’un char(l/)iot dans les rayons carrelés, bien impek’

(Certains soirs)il me prend un dégoût une haine à déchirer les visages des Plastik-Pipoles et mes propres cordes vocales (traîtres relais du consensus). Ils m’inspirent moins de haine que de peur et
observant cette maison, trop confortable trop grande, trop précieuse, et trop bourgeoise méditais face à la statue de Shiva Nataraja Ces idoles n’étaient que des tokens pour combler le vide de la demeure, à laquelle devait répondre le vide de ses habitants. Car il faudrait que l’emballage renseigne le produit.
Et sans doute est-ce vrai : entre les deux il n’y a qu’une fine membrane pas si étanche car l’on peut aisément la crever et Par à-coups les intestins jailliraient comme des embarcations précipitées le long d’une cascade de sang, comme elles éclateraient sur les rapides (au lieu des fracas du bois écrasé le bruit de succions ; le splurfs des organes humides et gélatineux), se déverseraient.

et de même toutes nos croyancesJe méditais sur mon foulard comme s’il s’agissait de mes viscères extrapolés de mon abdomen.

Je l’avais choisi.pour sa valeur spirituelle détournée, “mon cheap foulard” ; le plus cheap des foulards que j’avais pu trouver ¡Comme je t’aime.
Comme je t’aime
Comme je t’aime comme nous sommes nombreux à t’aimer. Pas un tranceux qui n’ait le sien, je me demande si je ne vais pas acheter le jaune avec l’éléphant, la prochaine fois. Comment il s’appelle celui-là déjà ? Mais si! le nom d’un fruit… Aaah OuI Ganache. ¡Ganesh ! C’est Shiva du coup lui ou pas ? c’est toi Vishnu ?

Je tenais exposé sur mes paumes ce foulard comme s’il était mes viscères…Oui,oui. il était parfait avec son côté cheap. Il correspondait à ma spiritualité, s’exposant d’elle-même : Insuffisante. Mon cynisme assumé me permettant de croire que je croyais mieux ; quand ce cynisme et cette moquerie même à l’égard des insuffisances de la ferveur, de ses artificialités ; n’étaient que le droit de jouir, que de quoi combler le vide de mon existence. À ma manière boulimique de mythes et de récits, de représentations, détournés et moqueurs, ironiquodialecticophénoménologiques toutcequetuveux pour coloniser un peu les profondeurs de mon esprit.
décorer
pour être bien baisable, bien appréciable et understandable c’est-à-dire catalogable au rayon écorché vif option écrivain spirituel.

et Toujours lorsque je déclame mon âme, j’entends une banalité.
Un verre plus tard, grandiloquent du lieu commun messianique je déclare mon âme : made in Bangladesh

01:13 S1mio-mustyk : Ami, suis-je moi aussi .en série ; un de ces êtres, simples carcasses déblatérantes, et le monde pas autre chose que cet amas médiocre où il s’agit de tuer le temps (pour ne pas se tuer soi) ?

Tu me regardais alors, on aurait dit que si le mur te lâchait, tu t’effondrerais.

01:14 Sous-Lieutenand’ès Pontif : Mais il faut bien avouer. certains plus que d’autres;

Je t’en voulais secrètement je crois, à la fois d’être sur le point de t’endormir alors que je te révélais mon âme, et d’être par ton indifférence même le plus parfait réceptacle d’une si grandiose, grandiloquente, mesquine, consensuelle, humide confidence.

Je tenais exposé sur mes paumes ce foulard comme s’il était mes viscères.
J’étais la plus méprisable des créatures : petit singe stupide. Je le posais doucement et me prosterner mentalement pour murmurer « au revoir petit foulard de ridicule petit singe » et, retirant bien fort mon index du fond de mon cul, j’adoptais la seule position qui puisse encore me dire : la seconde phalange contre mes lèvres boudeuses laissant entendre le son de l’univers : la muqueuse d’un orifice mollement malléable secouée.

Commentaires :

  1. lawyer says:

    Mr. Cantor concentrates his practice in representing catastrophically injured
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